samedi 8 juin 2013

La croissance du PIB

On parle de croissance du PIB lorsqu’il y a variation positive de la richesse créée dans une économie au cours d’une période donnée. A l’inverse, si la richesse varie négativement, on parle plutôt de récession.

Toute économie peut observer des périodes de croissance, des périodes de ralentissement de la croissance voire des périodes de récessions. Ainsi, l’économie américaine a connu une période de grande récession au début des années 1930 suite une crise financière qui a débouché sur une crise économique caractérisée par une surproduction (entreprises) et une insuffisance de la demande (ménages). Les économies européennes ont connu des périodes de boom économique après la deuxième guerre mondiale observant des taux significatifs de croissance du PIB. L’effort de reconstruction, indispensable à la sortie de la deuxième guerre mondiale, et la soif de consommation des ménages (société de consommation) ont fortement contribué à la fameuse période dite des trente glorieuses.

L’avènement des premiers chocs pétroliers des années 1973 et 1974 a toutefois perturbé les économies nationales. L’accroissement du prix du pétrole a négativement affecté l’offre des biens (choc négatif d’offre) engendrant un affaiblissement de la croissance du PIB notamment pour les pays non producteurs de pétrole.

Aujourd’hui, on assiste à des disparités au niveau des taux de croissance du PIB. Nonobstant les pays producteurs de pétrole, les disparités de croissance semblent dans une large mesure liées à l’avancée technologique des pays. Les écarts de progrès technique semblent assez fortement corrélés aux différences observées aussi bien dans les niveaux du PIB que du PIB par tête entre les pays qui ont une maîtrise technologique et ceux qui ne l’ont pas. La croissance du PIB semble également être de plus en plus affectée par les échanges internationaux de biens et services si on se place notamment dans l’optique de la croissance tirée par les exportations (export led growth).

Il n’en demeure pas moins que la conjoncture économique internationale (baisse de la demande internationale et des échanges mondiaux), les événements politiques ou autres (guerres, terrorisme international) ou encore la conjoncture climatique (sécheresse, catastrophes naturelles) influencent (négativement) la croissance du PIB. Enfin les choix de politique économique peuvent aussi intervenir en faveur (ou en défaveur) de la croissance. On pense de plus en plus aujourd’hui que le choix d’un euro fort explique la faiblesse de la croissance dans l’espace européen.

Les sources de la croissance

Sur la question des sources de la croissance, les sciences économiques proposaient au départ (jusqu’à la fin des années 1950) un premier débat contradictoire. En effet, ce débat opposait deux courants de pensée : le courant keynésien et le courant classique.

Pour John Meynard Keynes (1936), c’est la stimulation de la demande qui permet d’accroître l’offre. L’augmentation de l’offre s’interprète comme de la croissance économique puisque c’est la production qui augmente. Le niveau de la production atteint alors son niveau de plein emploi, autrement dit le niveau qui permet l’emploi de toute la main d’oeuvre disponible.

Au départ, le niveau de la production correspond à un niveau de sous emploi. L’économie observe un chômage important, chômage de nature involontaire, ce qui implique un déséquilibre du marché du travail bien que les autres marchés à savoir le marché des biens et services et le marché de la monnaie soient en équilibre. L’intervention de l’Etat est dans ce cadre nécessaire. Cette intervention est envisageable à court terme. Elle consiste à stimuler la demande, autrement dit à augmenter le niveau de consommation des ménages et le niveau d’investissement des entreprises. Pour stimuler la consommation des ménages, l’Etat peut décider d’embaucher des personnes au chômage. Le financement de cette embauche se fera moyennant l’augmentation des dépenses publiques. L’Etat peut également opter pour une baisse de la fiscalité sur les revenus des ménages. Ainsi, les ménages disposant de plus de revenu peuvent consommer davantage.
En revanche, pour stimuler les investissements, l’Etat doit plutôt augmenter la quantité de monnaie disponible dans l’économie. Ce faisant, il baisse le coût du crédit (taux d’intérêt) ce qui permet aux entreprises d’investir et d’augmenter leurs capacités de production.

L’utilisation des instruments de la politique économique que sont les dépenses publiques, la fiscalité et la monnaie entre dans le cadre des politiques économiques dites de stabilisation. Chaque fois que l’économie observe des fluctuations (chocs négatifs d’offre ou de demande), les pouvoirs publics interviennent pour stabiliser l’économie en ayant recours à ces instruments. A noter que l’Etat peut utiliser simultanément les instruments budgétaire et monétaire pour la relance de la demande. Ce faisant, on dit que l’Etat opte pour un policy mix, choix qui permet notamment d’éviter l’effet d’éviction sur l’investissement (hausse du taux d’intérêt) résultant de l’augmentation des dépenses publiques. Une offre monétaire expansive peut en revanche conduire à la baisse du taux d’intérêt et à l’élimination de l’effet d’éviction.

Prise dans le contexte de son développement qui correspond à la période de l’après crise de 1929, l’analyse keynésienne n’était pas pour convaincre les économiste de la mouvance classique. Le courant classique, déjà opposé à toute forme d’intervention de l’Etat dans l’économie, considère que la politique économique est inefficace aussi bien à court qu’à long terme. Pour les classiques, il n’est nullement besoin que l’Etat intervienne pour corriger les déséquilibres car, tout déséquilibre se résorbe de manière automatique grâce au principe d’une parfaite flexibilité des prix et des salaires. S’appuyant sur le cadre théorique de l’équilibre général défini par Léon Walras, le courant néoclassique donnera la démonstration que l’économie ne peut pas connaître de situation de déséquilibre : quand le marché des biens et services et le marché monétaire sont en équilibre (hypothèses de départ de Keynes), le marché du travail est automatiquement en équilibre. Il s’agit de la loi de Walras qui analytiquement se présente comme suit :

En supposant que l’économie comporte 3 marchés, on alors : $$\sum_{i=1}^3 P_i (D_i -O_i )=0$$
$P_i$ étant le prix du bien ou de l’actif $i \ (P_i>0), \ D_i – O_i$ représente la demande excédentaire du bien ou de l’actif i. Les prix étant strictement positifs, si les demandes excédentaires sur deux marchés de deux biens sont nulles, autrement dit, les deux marchés sont en équilibre, alors le troisième marché l’est automatiquement. Dans un raisonnement en équilibre général, la loi de Walras est toujours vérifiée car elle découle de l’équilibre ressources = emplois.

Compte tenu de la loi de Walras, il n’y a donc aucun chômage possible sauf si les agents se mettent volontairement au chômage. Cela implique qu’il n’existe aucune raison qui justifie que l’Etat intervienne en optant pour des choix de politique économique afin de stimuler la demande et générer de la croissance. A noter au passage que pour un autre économiste classique, Jean Baptiste Say, la stimulation de la demande n’a aucun fondement puisque tout offre créée sa propre demande.
Que propose alors le courant classique sur la question des déterminants de la croissance ? La réponse viendra de l’oeuvre de l’économiste néoclassique Robert Solow (1957), oeuvre intitulée « théorie de la croissance économique».

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